L'APF cible les commerces difficiles d'accès - Article dans le journal L'Union du 13 octobre 2008

449832132.jpgDes panneaux de l'APF ont été disposés en centre-ville. Vert quand c'est bon, orange quand c'est moyen et rouge quand c'est mauvais.
Des personnes souffrant d'un handicap ont sillonné, samedi, le centre-ville afin de recenser les commerces difficiles d'accès. Tour d'horizon des portes étroites…

SAMEDI, un peu partout en centre-ville ont fleuri des panneaux représentant une personne en fauteuil roulant de couleur vert orange et rouge. Posés sur les vitrines des magasins, ils indiquent si le commerce est accessible ou non aux personnes à mobilité réduite.
Une action lancée au niveau nationale du 8 et jusqu'au 14 octobre et relayée au niveau local par l'antenne saint-quentinoise de l'association de paralysés de France.
« Nous ne faisons pas ça seulement pour les personnes en fauteuil, mais aussi pour celles à mobilité réduite, comme les personnes âgées ou encore pour les mamans avec leur poussette. »
Parcours du combattant
En parcourant le centre-ville de Saint-Quentin, trois membres de l'APF ont mis en avant quelques points noirs : une pharmacie à l'angle de la rue des Toiles et la rue Nordet, la brasserie Albert, Pimkie, le crédit agricole…
À chaque fois, une marche empêche les fauteuils de passer.
À ces endroits, c'est un véritable parcours du combattant. « Pourtant, d'ici à 2015, on devra pouvoir entrer n'importe où, alors pourquoi ne pas se mettre en règle maintenant ? », s'interroge Lionel Josse.
Francine Ducros, en fauteuil électrique, rage : « Je ne comprends pas : il y a eu des travaux chez Pimkie il y a quelques mois, ils ont refait toute la vitrine et ils ont laissé la marche. C'est dommage, d'autant que dans le magasin, il y a une cabine pour personne handicapée ». Renseignement pris auprès de la responsable du magasin, celle-ci indique : « C'est vrai et je le regrette. Nous avons d'ailleurs une cliente qu'on connaît bien qui a eu un accident de voiture et qui vient maintenant en fauteuil. Quand elle est là, on l'aide à passer la marche. On n'a pas d'autre solution ».
Sur le même trottoir, juste à côté, Un jour ailleurs : panneau vert pour le magasin de prêt-à-porter qui a une rampe d'accès, mais aussi une sonnette à hauteur pour les personnes handicapées.
Côté transport, un bus par ligne est adapté avec une plateforme pour monter les fauteuils. « Ce qui revient à un bus toutes les demi-heures, c'est trop peu », dénonce Lionel Josse. En soulignant la situation positive ou négative, le contact s'est plutôt fait facilement.
« Notre argent n'est pas handicapé »
Frédéric Fin, ayant un trouble de la marche, dénonce : « Il y en a certains qui essaient quand même de trouver toutes les raisons de ne pas prendre leurs dispositions et dire que ça n'est pas de leur faute ».
Pire encore, certains n'hésitent pas à leur envoyer au visage : « Il n'y a pas beaucoup de personnes handicapées qui viennent » ou encore : « Si c'est mieux ailleurs, vous n'avez qu'à y aller ». Les questions d'accessibilité ne sont pas encore les préoccupations de tous. Lionel Josse est alors très étonné : « Nous sommes peut-être handicapés, mais notre argent ne l'est pas ».
À noter qu'il y a quelques années, un livre blanc relatait toutes les difficultés au niveau des infrastructures, comme les trottoirs ou les parkings. Depuis, cela a quelque peu évolué, « mais le problème n'est pas encore complètement réglé », regrette Lionel Josse.

Aurélie Marcotte

(source L'Union)

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