• Handicap et emploi, le vote « en douce » du Parlement !

    « Travaillez moins pour gagner moins, et exonérez les entreprises de leurs obligations ! »

    Comment faire plaisir aux employeurs qui ne remplissent pas leur quota d’embauche de 6% de personnes en situation de handicap et, de ce fait, doivent payer des contributions à l’AGEFIPH ou au FIPHFP ?
    En faisant passer une disposition sur ce sujet dans un projet de loi sans rapport aucun – le projet de loi sur le RSA -, « en douce » donc, et en procédure d’urgence donc non modifiable en 2de lecture ! Créant ainsi une nouvelle catégorie de travailleurs pauvres : les salariés handicapés à temps partiel…

    C’est ce qui s’est passé fin septembre lorsqu’un amendement modifiant de façon significative un article du code du travail a été adopté, « en douce » et « en urgence », dans un projet de loi ne concernant pas le sujet !

    Le contenu ? « Pour encourager l’embauche de travailleurs handicapés à temps partiel, le handicap nécessitant très souvent le recours à ce type de recrutement, le travail à temps partiel (article L. 3123-14 du code du travail) sera assimilé à un travail à temps plein. »

    Cette disposition va faire remonter mathématiquement mais artificiellement, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap. Et elle va à l’encontre de l’esprit de la loi « handicap » du 11 février 2005. Les entreprises pourront ainsi atteindre leur quota d’embauche par le biais d’emploi à temps partiel, sachant en outre que dans ce nouvel article de loi, la notion de temps partiel n’est pas définie ni limitée !

    Les effets de cet amendement, liés à la réforme annoncée de l’allocation adulte handicapé (AAH) par Valérie Létard dans son dossier de presse du 26 septembre qui renforce et valorise l’accès ou le retour à l’emploi à temps partiel pour les personnes en situation de handicap bénéficiaires de l’AAH, vont installer une nouvelle catégorie de travailleurs pauvres !

    Pour l’APF, cet amendement est inacceptable et le procédé honteux !
    Gouvernement et Parlement remettent ainsi en cause leurs grandes déclarations sur la priorité de l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap, et sur le travail comme moyen d’améliorer le pouvoir d’achat !
    Finalement le discours tenu aux personnes en situation de handicap se résume à : « Travaillez moins, pour gagner moins et exonérez les entreprises de leurs obligations ! »

    Seul recours aujourd’hui : alerter la commission mixte paritaire qui se réunit mardi prochain 4 novembre pour examiner les articles problématiques du projet de loi…

    Contact :
    Sylvaine Séré de Rivières : 01 40 78 69 60 – 06 07 40 16 65

  • L'APF cible les commerces difficiles d'accès - Article dans le journal L'Union du 13 octobre 2008

    449832132.jpgDes panneaux de l'APF ont été disposés en centre-ville. Vert quand c'est bon, orange quand c'est moyen et rouge quand c'est mauvais.
    Des personnes souffrant d'un handicap ont sillonné, samedi, le centre-ville afin de recenser les commerces difficiles d'accès. Tour d'horizon des portes étroites…

    SAMEDI, un peu partout en centre-ville ont fleuri des panneaux représentant une personne en fauteuil roulant de couleur vert orange et rouge. Posés sur les vitrines des magasins, ils indiquent si le commerce est accessible ou non aux personnes à mobilité réduite.
    Une action lancée au niveau nationale du 8 et jusqu'au 14 octobre et relayée au niveau local par l'antenne saint-quentinoise de l'association de paralysés de France.
    « Nous ne faisons pas ça seulement pour les personnes en fauteuil, mais aussi pour celles à mobilité réduite, comme les personnes âgées ou encore pour les mamans avec leur poussette. »
    Parcours du combattant
    En parcourant le centre-ville de Saint-Quentin, trois membres de l'APF ont mis en avant quelques points noirs : une pharmacie à l'angle de la rue des Toiles et la rue Nordet, la brasserie Albert, Pimkie, le crédit agricole…
    À chaque fois, une marche empêche les fauteuils de passer.
    À ces endroits, c'est un véritable parcours du combattant. « Pourtant, d'ici à 2015, on devra pouvoir entrer n'importe où, alors pourquoi ne pas se mettre en règle maintenant ? », s'interroge Lionel Josse.
    Francine Ducros, en fauteuil électrique, rage : « Je ne comprends pas : il y a eu des travaux chez Pimkie il y a quelques mois, ils ont refait toute la vitrine et ils ont laissé la marche. C'est dommage, d'autant que dans le magasin, il y a une cabine pour personne handicapée ». Renseignement pris auprès de la responsable du magasin, celle-ci indique : « C'est vrai et je le regrette. Nous avons d'ailleurs une cliente qu'on connaît bien qui a eu un accident de voiture et qui vient maintenant en fauteuil. Quand elle est là, on l'aide à passer la marche. On n'a pas d'autre solution ».
    Sur le même trottoir, juste à côté, Un jour ailleurs : panneau vert pour le magasin de prêt-à-porter qui a une rampe d'accès, mais aussi une sonnette à hauteur pour les personnes handicapées.
    Côté transport, un bus par ligne est adapté avec une plateforme pour monter les fauteuils. « Ce qui revient à un bus toutes les demi-heures, c'est trop peu », dénonce Lionel Josse. En soulignant la situation positive ou négative, le contact s'est plutôt fait facilement.
    « Notre argent n'est pas handicapé »
    Frédéric Fin, ayant un trouble de la marche, dénonce : « Il y en a certains qui essaient quand même de trouver toutes les raisons de ne pas prendre leurs dispositions et dire que ça n'est pas de leur faute ».
    Pire encore, certains n'hésitent pas à leur envoyer au visage : « Il n'y a pas beaucoup de personnes handicapées qui viennent » ou encore : « Si c'est mieux ailleurs, vous n'avez qu'à y aller ». Les questions d'accessibilité ne sont pas encore les préoccupations de tous. Lionel Josse est alors très étonné : « Nous sommes peut-être handicapés, mais notre argent ne l'est pas ».
    À noter qu'il y a quelques années, un livre blanc relatait toutes les difficultés au niveau des infrastructures, comme les trottoirs ou les parkings. Depuis, cela a quelque peu évolué, « mais le problème n'est pas encore complètement réglé », regrette Lionel Josse.

    Aurélie Marcotte

    (source L'Union)

  • Accéder7exister à Saint-Quentin

    44297945.png


    La Délégation organise dans le cadre de l'action nationale "Accéder7exister" le samedi 11 octobre 2008 :

    - un parcours d'accessibilité dans la ville de Saint-Quentin avec pose de silhouettes

    - un stand d'information sur la place de l'Hôtel de Ville

    Rendez-vous à partir de 10h00 sur la place de l'hôtel de Ville, venez nombreux !


  • Handicap et accessibilité : « Rien ne change ! » - Article du journal l'Union du 10 octobre 2008

    1398449231.jpgLes bénévoles hirsonnais de l'APF ont sensibilisé les principaux commerçants de la ville.
    Cette semaine, l'Association des Paralysés de France organise une opération de sensibilisation sur l'accessibilité des sites. A Hirson, l'écoute est présente, pas les réalisations.

    ACCÉDER, c'est exister ! Pour la seconde année consécutive, l'antenne hirsonnaise de l'Association des paralysés de France (APF) participe à l'opération nationale qui consiste à sensibiliser citoyens et surtout commerçants sur l'accessibilité de leurs boutiques et bureaux.
    Le constat est cinglant : « rien n'a changé en un an ! » lâche Philippe Pirlet, le président de la section locale. « Beaucoup de commerçants sont informés qu'ils doivent rendre accessible leurs magasins aux personnes à mobilité réduite pour 2012, mais peu l'on fait. La première raison est la conjoncture actuelle liée au coût des travaux » indiquent Régis Chrétien et Jean-Jacques Legrand, bénévoles.
    Un panneau vert pour ce commerçant qui est aux normes pour accueillir une personne handicapée, un rouge pour un autre, qui lui n'y est pas encore. Les signalétiques cartonnées ne sont peut-être que symboliques et apposées quelques minutes devant l'enseigne, mais pour les membres de l'APF, elles sont - les rouges - synonymes d'exclusion de la vie quotidienne.
    C'est le constat réalisé par Hubert Lamendin, conseiller départemental APF et référent pour l'accessibilité : « rendre accessible un lieu est une question d'état d'esprit. Quand un commerçant vous dit que l'on arrive à passer… quand même, ce n'est pas une réponse valable. Les handicapés sont des clients comme les autres ».
    Encore des efforts
    Et de citer en exemple un stage qu'il a encadré auprès du personnel de la Direction départementale de l'équipement qui s'est rendu compte lors d'un exercice en fauteuil les aberrations existantes dans la réalisation de certains travaux de voirie qui paraissaient, sur les plans, conformes à la loi sur l'accessibilité de ce public.
    « Il reste encore beaucoup à faire » ajoute-t-il.
    Il y a aussi l'exemple de la poste d'Hirson, qui a installé une sonnette sur le côté du bâtiment - c'est une première étape - pour que l'on vienne ouvrir la porte au client à mobilité réduite. Malheureusement aucune vignette n'indique qu'il s'agit de ce service précis. Les bénévoles viennent de le signaler, le problème devrait être résolu.
    La quinzaine de membres de l'antenne hirsonnaise de l'APF est active. Malgré la complexité des démarches et un accueil réservé et mitigé de la part des commerçants, leur dynamisme n'est en rien égratignée. Idem dans d'autres circonstances.
    « Quand il s'agit d'aller chercher des financements pour nos actions, d'organiser pour cela des manifestations diverses, nous répondons toujours présents » lance Léone Bachelard. Se démener, c'est aussi exister !

    Arnaud Michel

    Renseignements : Philippe Pirlet au 03.23.58.01.28.

    (sources l'Union)