04/12/2008

Journée mondiale des personnes handicapées : Les hôteliers et restaurateurs refusent d’accueillir les personnes en situation de handicap !

En cette journée mondiale des personnes handicapées, l’APF tient à réagir vivement aux propos tenus par la présidente de l'Union des métiers de l'industrie hôtelière (UMIH), Christine Pujol, hier à l'occasion de l'ouverture du 56e congrès de l'UMIH. En effet, cette dernière, dénonçant l’accumulation de réglementations coûteuses, s’est plainte de l’obligation de rendre leurs établissements accessibles d’ici 2015 ! Des propos scandaleux et révélateurs d’une mauvaise volonté manifeste voire d’un mépris évident…
L’association rappelle que les hôteliers bénéficient déjà d'un régime d'exception : les hôtels sans étoile, les 1 et 2 étoiles sont exemptés de l'obligation de mettre un ascenseur pour les établissements ne comportant pas plus de trois étages en sus du rez de chaussée.
En "contrepartie" de ce régime d'exception, la réglementation prévoit que chaque année, un groupe de travail et d'étude composé des associations, de l'UMIH et du groupement national des chaînes hôtelières propose des mesures favorisant la prise en compte de tous les handicaps dans les établissements existants, l'amélioration de l'offre d'hébergement, l'aménagement des chambres adaptées et le développement du label "Tourisme Handicap".

La France a déjà 30 ans de retard par rapport aux autres pays européens. La loi du 11 février 2005, en posant le délai de 10 pour mettre en accessibilité la cité, a enfin pris en compte toute une catégorie de la population française jusque là oubliée !

L’argument du coût face au retard de la France et à la discrimination dont sont victimes les personnes en situation de handicap depuis trop longtemps, est un alibi scandaleux.

Crise, TVA, réglementation relative au tabac… les personnes en situation de handicap n’en sont pas responsables !

L’APF pose la question aux pouvoirs publics : l’argument du coût est-il valable pour exclure toute une partie de la population ? Faut-il en déduire qu’on trouvera toujours une bonne raison pour discriminer en toute impunité ?

L'APF fustige donc la posture de l'UMIH, laquelle, non contente d'avoir déjà bénéficié d'un régime dérogatoire dans la réglementation pour les établissements hôteliers, milite désormais pour s'affranchir de toute obligation en arguant d'un manque de moyens.

Si l'APF estime qu'il faut nécessairement faciliter la mise en œuvre des mesures pour l'accessibilité par des dispositifs budgétaires et fiscaux, les réactions de l'UMIH, en ne voulant pas respecter "la contrepartie" au régime dérogatoire dont il bénéficie, illustrent le manque patent de considération à l'égard des personnes en situation de handicap.

L’APF rappelle par ailleurs qu’en matière d’accessibilité, elle demande notamment :
- des aides et des subventions pour soutenir les petites communes, les petits commerces, les cabinets médicaux et para médicaux… dans leurs projets de mise en accessibilité ;
- de réels moyens d’incitation et de sanctions financières pour accompagner l’obligation prévue par la loi (respect des délais, obligations relatives aux schémas directeurs d’accessibilité, aux plans de mise en accessibilité de la voirie et des espaces publics) ;
- la création d’une agence nationale à l’accessibilité universelle chargée d’impulser et de garantir la mise en accessibilité sur l’ensemble du territoire et pour tous les acteurs.

Les commentaires sont fermés.