• Grand Emprunt national : l’opportunité d’accélérer la mise en accessibilité de la France

    A la veille du colloque parlementaire sur l'Emprunt national, l'Association des Paralysés de France (APF) tient à rappeler, que si l'emprunt doit prendre en compte tous les enjeux sociétaux et économiques actuels, la mise en accessibilité du cadre bâti et des transports publics en fait partie. En effet, la loi handicap du 11 février 2005 prévoit la mise en accessibilité des établissements recevant du public (ERP) et des transports en commun d'ici 2015. A mi-parcours de cette échéance, il est désormais primordial d'accorder plus de moyens pour atteindre cet objectif : l'opportunité que présente le Grand Emprunt est une occasion historique.

     

    Pour l'APF, l'accessibilité constitue un champ d'action « éligible » au Grand Emprunt. En effet, étant un investissement des plus utiles à long terme et participant au plan de relance économique (principalement dans le secteur du BTP), l'accessibilité est un champ d'action pleinement porteur de croissance et d'emploi, comme le souhaite le gouvernement pour le Grand Emprunt.

     

    De plus, l'APF est préoccupée par les réels moyens dévolus à cet objectif d'accessibilité prévu pour 2015. Les financements manquent aux collectivités territoriales et aux acteurs privés pour qui ces travaux représentant un budget important. Pour répondre à cet enjeu, il faut une politique d'investissement ambitieuse de l'Etat. Dans ce contexte, le Grand Emprunt présente une occasion historique pour l'Etat de se saisir de ce problème et d'affecter les moyens nécessaires à l'objectif d'accessibilité pour tous prévu pour 2015.

     

    L'inaccessibilité reste toujours la première cause de discrimination vécue par les personnes en situation de handicap.

     

    Et, faut-il le rappeler, l'accessibilité s'inscrit dans le cadre d'une politique de développement durable, accessibilité et écologie constituant les deux piliers de l'aménagement durable.

     

  • Après la défenseure des enfants, la Halde remise en cause ? Pour réduire le déficit de la France, diminuons les droits des personnes !

    Alors qu'un amendement de messieurs Maillé et Briand au projet de loi de finances 2010 propose de diminuer le budget de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) de 20%, l'APF s'indigne de cette attaque en règle contre un dispositif de défense des droits des personnes !

    Après la défenseure des enfants, la Halde ? Pour réduire le déficit de la France, doit-on s'en prendre aux dispositifs de protection et de défense des droits ?

    Sous prétexte d'un travail de mauvaise qualité et d'un train de vie indécent, deux députés, messieurs Maillé et Briand, proposent de réduire de 20% le budget de la Halde.

    L'APF tient à contester fermement leur analyse du travail de cette autorité.

     

    Véritable avancée en matière de défense des droits, la Halde mène depuis 2005 des travaux d'intérêt public !

    Des testings aux préconisations sur les manuels scolaires, en passant par les rapports sur les types de discrimination, la Halde brosse chaque année un tableau de la situation des discriminations en France.

    Elle aide également des milliers de particuliers à défendre leurs droits.

    Et elle accompagne les associations dans cette démarche hautement légitime et juste !

     

    Composée d'un personnel compétent et vraisemblablement débordé par les demandes - d'où son utilité ! -, la Halde est indispensable dans le paysage de la défense des droits en France et doit pouvoir avoir les moyens de travailler !

     

    Et si l'on veut se questionner sur son budget de fonctionnement, peut-être faudrait-il d'abord et avant tout faire le bilan de toutes les institutions qui ont des locaux spacieux...

     

    Après la défenseure des enfants, on s'en prend à la Halde donc ?

    Peut-être ne veut-on pas voir la réalité en face en matière de discriminations et d'inégalités en France ?

    A l'heure où s'ouvre le grand débat sur l'identité nationale, ce genre d'amendement et l'argumentaire présenté ne sont pas de bon augure...